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Et si vous ne montriez qu’une partie de vous ?


Il y a ces moments où vous êtes là… présent… mais pas totalement vous. Vous souriez, vous répondez, vous interagissez. Et pourtant, à l’intérieur… quelque chose résiste. Comme un conflit intérieur… ou quelque chose d’automatique qui prend le dessus.


“Si je dis ce que je pense… que va-t-on penser de moi ? Est-ce que je risque d’être mis à l’écart ?”


Alors vous ajustez, vous filtrez, vous adaptez. Et sans même vous en rendre compte, vous montrez… ce que l’on attend de vous, au détriment, parfois, de ce que vous ressentez vraiment.


Je me souviens de ces moments où je pouvais prendre le rôle du “comique de service”. Celui qui détend l’atmosphère, qui fait rire, qui allège. Un masque presque joyeux… mais qui venait cacher ce qui se vivait à l’intérieur. Ou encore cette posture plus effacée, en retrait… comme si prendre ma place risquait de déranger.


À l’intérieur, il y avait cette petite voix : “Tu n’as pas le droit… reste à ta place… ne fais pas de vagues…”

Et dans le corps ?Une envie de dire… retenue par une tension. La gorge qui se serre. Le souffle qui se coupe.


Pourquoi portons-nous des masques ?


Porter un masque n’est pas un problème. C’est une réponse.


Une réponse à un environnement, à une histoire, à des attentes. À ces “j’ai toujours fait comme ça”… comme des automatismes, des programmes qui se déclenchent selon les situations.


On peut parler d’habitudes. De schémas.

Et ces masques ne se construisent pas par hasard.

Ils prennent forme dans différents espaces de notre vie.


Dans la famille, d’abord. La place que l’on occupe dans une fratrie peut influencer profondément la manière dont on se positionne.

L’aîné qui doit montrer l’exemple. Le cadet qui cherche sa place. Le “sage” qui ne fait pas de bruit. Ou celui qui, au contraire, prend toute la place pour exister.


Dans certaines relations aussi…où l’on apprend, parfois inconsciemment, à s’adapter pour préserver le lien. À dire oui pour éviter le conflit. À se taire pour ne pas déranger.

Il y a aussi les rôles attendus. Ce que l’on projette sur nous. Ce que l’on pense devoir être pour être reconnu, aimé, accepté.


Notre parcours professionnel peut également renforcer ces postures. Certains métiers demandent de tenir un rôle, une image, une fonction. Avec le temps, la frontière entre le rôle et la personne peut devenir floue.


Et puis, il y a aussi notre sensibilité, notre manière d’être au monde. Certaines personnes ressentent plus, perçoivent plus, s’adaptent plus vite… et développent naturellement ces ajustements pour trouver leur place.


Tous ces éléments viennent façonner des habitudes. Des schémas. Des manières d’être qui, à un moment donné, ont permis de s’adapter… de se protéger…de continuer à avancer.


Mais parfois, le masque ne se contente plus d’être un rôle. Il devient une partie de l’identité. On ne “joue” plus… on est devenu ce rôle. Et c’est là que la nuance devient essentielle.


Tous les masques ne sont pas problématiques. Nous avons besoin d’une certaine flexibilité pour nous adapter aux contextes.

Le défi apparaît lorsque cette adaptation devient rigide. Quand il n’y a plus de choix. Quand le contact avec ce que l’on ressent se perd.

C’est là que l’on commence à s’enfermer dans un rôle.


Ce qui est intéressant, c’est que deux personnes vivant une situation similaire ne développeront pas forcément le même masque.


Dans mon parcours en milieu hospitalier, cette notion m’a particulièrement marqué.

Il y avait cette posture attendue : être à l’écoute, disponible, bienveillant… quoi qu’il arrive.

Même lorsque certaines situations dépassaient les limites. Même lorsque la violence, verbale ou physique, s’invitait.


Jusqu’où s’adapter ?

Jusqu’où tolérer ?

Et à partir de quand… se perd-on soi-même ?


À un moment, j’ai réalisé que je m’adaptais plus que je ne m’exprimais.

Je retenais. Je taisais.


C’est lors d’une formation en communication non violente que quelque chose s’est ouvert. J’ai découvert qu’il était possible de dire ce que je ressentais… autrement. Sans écraser l’autre. Sans m’effacer non plus.


Aujourd’hui, dans les accompagnements, je le vois régulièrement :

La transformation commence souvent au moment où une personne s’autorise à dire ce qu’elle vit, au moins… pour être entendue.

Et parfois, lors d’une séance suivante, elle réalise : “Avant, je n’aurais jamais osé dire ou faire ça.”


Ces petits pas… font toute la différence.

Parce qu’à un moment donné, oui, le masque a été utile.

Et parfois… il est temps de le laisser derrière soi pour donner un nouvel élan à sa vie.


Les masques que nous portons


Nous avons tous nos propres manières de nous protéger.

Voici quelques masques que l’on retrouve souvent…


Le masque du Parfait

Toujours bien faire. Ne pas se tromper. Maîtriser. Anticiper. Réussir. Derrière… la peur de ne pas être à la hauteur. La crainte de décevoir. Et parfois ce besoin d’exister dans le regard des autres… quitte à s’oublier en chemin.


Le masque du Sociable

Toujours souriant. Accessible. Adaptable. Celui qui met de l’ambiance… qui évite les sujets profonds. “Ça va, t’inquiète.” Alors qu’à l’intérieur… c’est plus nuancé. Derrière ce masque, la peur du rejet… et la difficulté à montrer sa vulnérabilité.


Le masque du Fort

“Je gère.” Tout semble sous contrôle. Les émotions restent à distance. Même quand tout déborde à l’intérieur. Ce masque donne une place, une reconnaissance… mais parfois à quel prix ?


Le masque du Caméléon

S’adapter. S’ajuster. Se fondre. Changer d’opinion, de posture, selon les contextes. “Je n’aime pas le conflit… je préfère éviter.” Et parfois, à force d’éviter… on finit par se renier.


Le masque du Contrôleur

Tout prévoir. Tout organiser. Tout anticiper. Garder la main. Garder la face. Derrière… la peur de l’imprévu, de perdre pied.


Ceci est une clé de lecture. Bien d'autres interprétations ou masques peuvent être identifiés. L'important est de déceler ce qui est présent, l'accueillir, et prendre le temps de le retirer en restant SOI.


Ce que ces masques nous coûtent


À force de jouer un rôle… on peut finir par ne plus vraiment se sentir vivant. Il y a ce décalage.


Le corps qui dit non… alors que vous dites oui.

La colère qui monte… alors que vous affichez du calme.

Et à l’intérieur, ça tire.

La gorge se serre. Le ventre se noue. Le souffle devient plus court.

Une fatigue diffuse s’installe.

Comme une forme d’anesthésie.

Moins ressentir pour tenir…mais aussi moins se sentir vivre. Moins se sentir être soi.


Quand le masque devient trop lourd


Et puis un jour… quelque chose lâche.

Pas forcément d’un coup. Mais suffisamment pour ne plus pouvoir revenir en arrière.


Un mot de trop.


Une fatigue de trop.


Et à l’intérieur, ça dit simplement : “Stop… ça n’est plus possible.”


Ce moment peut surprendre l’entourage.

“Mais avant, tu étais toujours d’accord…”“Pourquoi tu changes ?”

En réalité, ce n’est pas un changement soudain. C’est quelque chose qui était déjà là… et qui commence enfin à se dire.

Avant, je m’adaptais. Aujourd’hui, je m’exprime.

Et cela demande aussi aux autres de s’ajuster.

Les signaux étaient souvent déjà présents : fatigue inexpliquée, irritabilité, sensation d’être à côté.

Mais ils étaient mis de côté… jusqu’au moment où ils ne peuvent plus l’être.


Retirer le masque : un chemin, pas une injonction !


On ne retire pas un masque d’un coup. On apprend à rencontrer ce qu’il y a derrière.


Certains masques ont été précieux. Ils ont permis de tenir, d’avancer, de se protéger.


Alors plutôt que de les rejeter…on peut commencer par les remercier.

Puis, petit à petit, s’autoriser à écouter ce qui émerge.


Dire un “non”. Un vrai non. Exprimer un ressenti. Se choisir… un peu plus.


Mais il y a quelque chose d’essentiel :

On enlève un masque seulement lorsque l’on se sent suffisamment en sécurité.

Et on ne retire pas tous ses masques. Certains restent utiles selon les contextes professionnels ou sociaux.


L’important n’est pas de tout enlever…mais de retrouver du choix.

C’est un chemin.

Un chemin que j’accompagne à travers différentes approches : l’écoute, l’EFT, le sonore et vibratoire…

Des espaces où il devient possible de déposer… sans avoir à jouer un rôle.


Quand vous changez… le système change aussi


Lorsque vous commencez à enlever un masque… quelque chose bouge autour de vous.


Parfois, cela surprend.

“Mais avant, tu étais toujours comme ça…”

“Pourquoi tu réagis différemment ?”


Il peut y avoir de l’incompréhension. Des ajustements relationnels. Parfois même des résistances.

Parce que votre changement vient modifier un équilibre… même s’il ne vous convenait plus.

Et cela fait partie du processus.


Et si vous commenciez à vous rencontrer vraiment ?


Parce que parfois… il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre. Mais simplement de revenir à soi.


Derrière chaque masque…il y a quelque chose de vivant.

Une respiration plus libre. Une présence plus juste. Une légèreté qui revient.


Être soi, ce n’est pas tout dire, tout montrer. C’est se sentir aligné.

C’est ne plus lutter en permanence entre ce que l’on ressent et ce que l’on montre.


Et parfois… cela commence simplement par un instant d’écoute.


Un premier pas pour vous observer


Peut-être pouvez-vous simplement vous poser ces questions :

  • Est-ce que je dis souvent oui… alors que je pense non ?

  • Est-ce que je me sens fatigué après certaines interactions ?

  • Est-ce que j’ai du mal à dire ce que je ressens ?


Et dans votre journée, observez un moment.

Une situation où il y a un décalage entre ce que vous montrez…et ce que vous vivez à l’intérieur.

Sans jugement.

Juste avec cette question :qu’est-ce qui se joue en moi ?


Un espace pour déposer les masques


C’est exactement ce que nous proposons dans l’atelier que j’anime avec Justine Gilles début juin.


Un espace pour explorer. Un espace pour déposer… en sécurité. Un espace pour se rencontrer autrement.


Sans pression. Sans rôle à tenir.


Juste avec ce qui est là.


Et si vous vous donniez cet espace…juste pour vous rencontrer un peu plus ?

 
 
 

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