Et si vous n’aviez pas besoin de reprendre le rythme… mais d’en retrouver un qui vous convient ?

Septembre.
Il faudrait « reprendre ».
Reprendre le travail.
Reprendre l’école.
Reprendre les horaires.
Reprendre les activités.
Reprendre les habitudes.
Reprendre le rythme.
Mais une question me vient :
Et si nous n’avions justement pas besoin de tout reprendre ?
Et si cette période entre vacances et rentrée pouvait devenir autre chose qu’un simple retour à la normale ?
Un espace pour observer ce que nous avons envie de retrouver… mais aussi ce que nous n’avons plus envie de remettre exactement comme avant dans notre quotidien.
Pendant les vacances, notre rapport au temps change
On dort autrement.
Parfois plus longtemps, parfois mieux. Ailleurs aussi, loin de notre environnement habituel et de ses sollicitations.
On mange différemment.
Un peu plus tard, parfois au rythme espagnol, sans forcément regarder l’heure.
On bouge autrement.
Randonnée, vélo, nage, marche, découverte d’une ville… Le mouvement retrouve parfois une place qu’il n’avait plus dans notre quotidien.
On regarde moins l’heure.
On retrouve une temporalité davantage en accord avec notre propre rythme.
Ou peut-être, pendant quelques jours, plus de rythme du tout.
Et puis il y a l’imprévu.
Cette balade qui dure plus longtemps que prévu. Cette terrasse sur laquelle on décide de rester. Cette envie de ne rien faire. Cette rencontre qui change le programme de la journée.
Pendant les vacances, l’imprévu peut devenir une possibilité.
À la rentrée, il redevient parfois… un problème.
Parce que tout est déjà organisé, calculé, imbriqué.
« Là, ça ne va pas être possible. »
C’est déjà assez tendu comme ça.
Et puis septembre arrive
Presque du jour au lendemain :
⏰ les horaires reviennent,
📩 les sollicitations s’accumulent,
🧠 le mental recommence à anticiper,
🏃 le corps accélère,
📅 l’agenda se remplit.
Il faut penser aux inscriptions,
aux réunions,
aux rendez-vous,
aux fournitures,
aux activités,
aux repas,
aux transports…
Et nous pouvons rapidement nous retrouver à chercher comment « reprendre le rythme ».
Cette expression m’interpelle.
Parce qu’elle suppose finalement que le bon rythme serait celui d’avant.
Mais est-ce forcément vrai ?
Je me souviens de mes propres rentrées
Lorsque j’étais cadre de santé, je me disais souvent en revenant de vacances :
« Première semaine, soft. Il ne faut pas perdre les bénéfices des vacances trop vite. »
Parce que je savais aussi combien il me fallait parfois plusieurs jours pour réellement déconnecter.
Les vacances avaient commencé sur le calendrier…
Mais mon mental, lui, était encore au travail.
Une situation à laquelle je repensais. Une organisation laissée en suspens. Une problématique d’équipe. Quelque chose à anticiper au retour.
Tout cela pouvait continuer à occuper une partie de mon espace intérieur, presque insidieusement.
Puis, progressivement, ça lâchait.
Le rythme ralentissait.
Et au moment où quelque chose commençait enfin à se déposer…
Il fallait repartir.
Alors j'essayais de préserver cette transition.
Aujourd’hui, avec mon parcours et ma manière d’accompagner, j’irais même un peu plus loin.
Et si la rentrée n’était pas seulement une question d’organisation ?
Et si certaines rentrées en réveillaient d’autres ?
Il y a notre rentrée.
Mais pour beaucoup, il y a aussi celle des enfants.
Le réveil qu’il faut remettre.
Le cartable.
La cour de l’école.
La séparation.
Le nouvel enseignant.
Les copains que l’on retrouve… ou pas.
La peur de ne pas trouver sa place.
Et parfois, sans vraiment comprendre pourquoi, quelque chose nous touche plus que prévu.
Une inquiétude.
Une boule dans le ventre.
Une émotion disproportionnée par rapport à la situation présente.
Parce que certaines situations actuelles peuvent entrer en résonance avec notre propre histoire.
Notre cerveau et notre système émotionnel gardent des traces de certaines expériences. Des émotions qui n’ont pas toujours pu être comprises, exprimées ou accueillies au moment où elles ont été vécues peuvent parfois être réactivées lorsqu’une situation présente ressemble, de près ou de loin, à une expérience passée.
Cela ne signifie pas que chaque émotion de rentrée cache nécessairement une blessure d’enfance.
Mais parfois, ce que nous ressentons aujourd’hui mérite simplement d’être écouté plutôt que immédiatement repoussé.
Pourquoi cette situation me touche-t-elle autant ?
Qu’est-ce qu’elle vient réveiller ?
Est-ce vraiment uniquement la rentrée de mon enfant qui m’inquiète ?
Ou quelque chose de ma propre histoire vient-il aussi se présenter ?
Et si cette émotion n’était pas un problème à faire taire, mais une information à accueillir ?
Et le corps, dans tout ça ?
Le corps est assez extraordinaire.
Il s’adapte.
Il compense.
Il continue.
On dort moins : il continue.
On accélère : il suit.
On mange rapidement : il digère comme il peut.
On reste assis des heures : il compose.
On accumule les tensions : il s’adapte encore.
Et parce qu’il continue à fonctionner, nous pouvons facilement croire que tout va bien.
Jusqu’au moment où il commence à parler plus fort.
Fatigue persistante.
Tensions.
Douleurs.
Sommeil moins réparateur.
Digestion perturbée.
Sensation de ne jamais réellement récupérer.
Parfois même, il nous oblige à nous arrêter.
Pas parce que le corps nous « trahit ».
Mais parce qu’il existe des limites à notre capacité d’adaptation.
Alors peut-être pouvons-nous éviter d’attendre qu’il crie pour commencer à l’écouter.
Comment est mon corps en cette rentrée ?
De quoi a-t-il besoin ?
De mouvement ?
De récupération ?
De sommeil ?
De respiration ?
D’une alimentation plus adaptée ?
De ralentir ?
D’être touché, massé, mobilisé ?
Comment puis-je l’aider à traverser ce changement de rythme plutôt que simplement lui demander de suivre ?
Et si le mental avait repris toute la place ?
Il y a aussi ce qui ne se voit pas.
Cette liste permanente qui tourne dans la tête.
Penser à ceci.
Ne pas oublier cela.
Anticiper demain.
Répondre à ce message.
Organiser la semaine.
Prévoir le week-end.
Penser déjà au lundi suivant.
Le mental est précieux.
Il nous permet d’organiser, de prévoir, de comprendre, de résoudre.
Le problème n’est pas qu’il pense.
Le problème apparaît peut-être lorsqu’il n’y a plus d’espace entre deux pensées.
Plus de silence.
Plus de disponibilité.
Même lorsqu’on s’arrête physiquement, quelque chose continue.
Alors une question très simple peut devenir étonnamment difficile :
Quand avez-vous vécu quelques minutes de véritable silence pour la dernière fois ?
Pas en regardant votre téléphone.
Pas en écoutant un podcast.
Pas en préparant mentalement la suite.
Juste quelques minutes où il n’y avait rien à produire, rien à comprendre, rien à résoudre.
Du silence à vivre.
À ressentir.
À accueillir.
Alors, comment passer une rentrée plus soft ?
Peut-être pas en ajoutant immédiatement une nouvelle routine parfaite.
Ni en transformant septembre en nouvelle liste de bonnes résolutions.
Mais en commençant par observer.
Qu’avez-vous envie de garder de cet été ?
Un réveil moins précipité ?
Quelques minutes dehors ?
Un repas sans écran ?
Une marche ?
Du silence ?
Une respiration avant d’enchaîner ?
Un moment en famille ?
Un espace rien qu’à vous ?
Passer une rentrée plus soft, ce n’est peut-être pas en faire moins partout.
C’est peut-être éviter de remettre automatiquement dans sa vie tout ce qui la remplissait avant.
Essayez quelque chose de très simple.
Gardez une chose des vacances dans votre quotidien.
Une seule.
Et observez.
Et si vous regardiez aussi vos ressources ?
Nous avons facilement tendance à observer ce qui ne va pas.
La fatigue.
Le stress.
Le manque de temps.
La douleur.
La charge mentale.
Mais une autre question mérite d’être posée :
Sur quoi puis-je m’appuyer aujourd’hui ?
Une personne ?
Une activité ?
Un lieu ?
Une habitude qui me fait du bien ?
Une pratique corporelle ?
Un professionnel ?
Un espace où je peux déposer ce que je traverse ?
Nous n’avons pas toujours besoin de « faire plus ».
Parfois, nous avons besoin de mieux identifier ce qui nous ressource réellement.
Et parfois aussi, nos ressources habituelles ne suffisent plus.
C’est là qu’un accompagnement extérieur peut avoir du sens.
Non pas pour vous dire quel rythme adopter.
Mais pour vous aider à observer ce qui se joue dans votre propre écosystème : votre corps,
votre mental,
vos émotions,
vos relations,
votre environnement,
votre énergie
et vos ressources...
Un espace pour déposer.
Comprendre.
Ressentir.
Retrouver du mouvement là où quelque chose s’est figé.
Et progressivement retrouver davantage de choix dans votre manière d’avancer.
Et si cette rentrée ne consistait finalement pas à repartir comme avant ?
Peut-être que septembre peut être autre chose qu’un retour à la normale.
Un passage.
Une transition.
Un moment où l’on peut se demander :
Qu’est-ce que je veux retrouver ?
Qu’est-ce que je veux préserver ?
Qu’est-ce que je n’ai plus envie de reprendre exactement comme avant ?
Et surtout :
de quoi ai-je besoin aujourd’hui pour trouver un rythme qui me ressemble davantage ?
La rentrée est déjà là.
Mais votre manière de la traverser reste peut-être encore à inventer.
Belle rentrée à tous et restez connectés à vos besoins essentiels.
Anthony Soulard
Accomapgnant bien-être.
Présentiel autour d'Angers et visio

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